Intelligence artificielle
La formation au Rendez-vous de l'IA de l'UTC
La deuxième édition des Rendez-vous de l'IA de l'UTC a eu lieu vendredi 28 mars et avait pour thème "IA et formation". L’UTC, ses équipes de recherche et la Fondation partenariale UTC pour l’innovation proposent ce rendez-vous régulier sur l’IA et ses enjeux dans différents contextes. De nombreux intervenants ont présenté leurs projets et visions.

Les rendez-vous de l'intelligence
artificielle de l'UTC ont accueilli à Compiègne de nombreux experts
autour du sujet IA et formation, entre conférences académiques et
industrielles, ainsi que des ateliers et démonstrations en réalité
virtuelle, sans oublier une table ronde en présence de Colin De La
Higuera, titulaire de la Chaire UNESCO Ressources Éducatives Libres
et Intelligence Artificielle. Le tout à destination des chercheurs
et acteurs publics et privés pour favoriser le dialogue autour de
cette thématique dans le but de faire émerger des nouveaux sujets
d’innovation.
«Après le sujet IA et Transports l'an passé, ce deuxième rendez-vous portait sur ce que l’intelligence artificielle peut apporter dans la gestion RH et en tant qu’outil de formation, via un joli programme et notamment la présence de Marie-Hélène Abel, professeure à l'UTC et directrice du département informatique, venue nous parler de plateforme numérique de formation. En effet, la plateforme de collaboration MEMORAe, développée à l'UTC, permet de partager des sources documentaires hétérogènes au sein d’une organisation afin d’optimiser la capitalisation de connaissances sur un projet, dans une équipe», souligne Sébastien Destercke, enseignant-chercheur à l'UTC au laboratoire Heudiasyc et porteur de la Chaire SAFE IA ou IA de confiance. La chaire est centrée sur la thématique de la fiabilité des systèmes d’intelligence artificielle. Son objectif est de proposer de nouvelles méthodes pour garantir la robustesse des modèles d’IA, et de mettre ces méthodes à l’épreuve dans des cas d’études issus du monde industriel ou d’autres applications où avoir des garanties de fiabilité est essentiel.
Comment l'IA redéfinit le monde du travail
Pierre Gousset, vice-président, conseil en solution pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique de Workday et Leslie Abkarian, consultante principale en solutions de gestion du capital humain chez Workday, ont exposé le rôle de l'IA dans leur entreprise, leader mondial des solutions cloud de gestion des ressources humaines et financières. Car les organisations "skills-based" redéfinissent le monde du travail.
La plateforme Workday du groupe permet désormais à l’ensemble des utilisateurs de déclarer volontairement leurs compétences acquises ou celles qu’ils souhaitent développer. Ce faisant, l’organisation n’évalue plus seulement les compétences techniques (hard skills) logiquement associées avec la fonction du collaborateur mais aussi des compétences générales (soft skills) utiles qu’il a pu développer au cours de ses expériences passées. L'entreprise américaine introduite en bourse en 2012 compte aujourd'hui plus de 20 000 collaborateurs pour servir 11 000 clients dans le monde. «Nous sommes investis sur le sujet de l'IA depuis très longtemps déjà. Nous sommes favorables à ces échanges entre les milieux académiques et industriels. Nous avons à apprendre d'écoles comme l'UTC qui mène des actions concrètes pour une formation innovante et un avenir connecté», assure Hervé Uzan, Group Vice President, EMEA South chez Workday et diplômé UTC 1989 en génie informatique.
Une pédagogie immersive et collaborative
Le CNRS Formation Entreprises était également représenté par Ouarda Hugel, sa directrice adjointe. Le centre s’adapte activement à l’essor de l’IA en proposant des formations innovantes, ancrées dans l’excellence scientifique de ses laboratoires. «Notre approche repose sur trois piliers : transmettre des savoirs pointus, répondre aux besoins des entreprises, et favoriser les synergies entre recherche et industrie. Notre offre 2025 compte plus de 250 formations dont une part significative est dédiée à l’IA et à la science des données. Ces formations intègrent les dernières avancées, comme l’analyse d’images médicales par IA ou l’optimisation des modèles sur supercalculateurs», explique-t-elle.
Des formations qui s'adressent à des professionnels techniques, type ingénieurs et data scientists avec des formations comme Architectures du Deep Learning, à des décideurs via des parcours modulaires, tels que les Jumeaux Numériques, mais aussi aux secteurs spécifiques de santé, de l'industrie ou de l'environnement. Les usages couvrent la production industrielle, la R&D, et même des défis sociétaux comme la confiance dans l’IA. «Nous sommes un pont entre recherche et entreprises. En effet, le CNRS valorise ses recherches via des formations conçues par ses experts. Ces échanges nourrissent aussi des projets de long terme, comme les collaborations autour de l’IA de confiance ou des LLM, ce sont les grands modèles de langage qui sont des systèmes d'IA conçus pour traiter de vastes quantités de données. En 2024, 92 % de satisfaction montre l’adéquation entre nos offres et les attentes du terrain. En résumé, le CNRS Formation Entreprises s’adapte à l’IA en combinant expertise scientifique, flexibilité andragogique, et partenariats forts avec les acteurs socio-économiques, conclut Ouarda Hugel. Nos formations visent à outiller les professionnels pour qu’ils maîtrisent les technologies tout en en comprenant les enjeux».
IA et empathie historique
De son côté Domitile Lourdeaux, professeure au laboratoire CNRS Heudiasyc de l'UTC, est intervenue sur « scénarisation d’environnement virtuels : adaptation et personnalisation » et a présenté lors d'une démonstration le projet ITS-STORY, une initiative expérimentale et interdisciplinaire qui vise à explorer l’utilisation de la réalité mixte dans la mise en valeur du patrimoine mémorial. En se concentrant sur le camp de transit de Royallieu de Compiègne, seul Frontstalag directement dirigé par l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, le projet cherche à aborder les dimensions éthiques du souvenir tout en engageant les visiteurs dans une empathie historique. «En utilisant des technologies immersives et interactives, le projet a pour objectif de renouveler la compréhension publique de l’internement et de la déportation, garantissant ainsi la pérennité du travail mémoriel en l’absence de témoins directs».